Des médecins accusés de viol : “la profession est en train de s’enfoncer” (Dr Abdoulaye Kaba)

il y a 1 mois 59
CONTACTEZ info@lekaloum.com

Des médecins exerçant dans une clinique située au quartier Enta sont accusés de viol suivi de grossesse puis d’avortement, sur une fille âgée de 25 ans.

La patiente alitée à l’hôpital Ignace Deen qui aurait perdu son utérus et qui serait atteinte d’une fistule obstétricale se trouve aujourd’hui dans une situation lamentable, selon le président de la Coalition des Professionnels de Santé qui s’est rendu à son chevet.

Lors d’un entretien accordé à notre rédaction ce vendredi 15 octobre 2021, Dr Abdoulaye Kaba n’a cessé de déplorer cet état de fait qui, à ses yeux ternit l’image de sa corporation. Ce professionnel de santé a indiqué que des investigations sont en cours, en vue de découvrir si les présumés auteurs de ces actes ignobles sont reconnus, par l’ordre national des médecins.

“Nous avons été à l’hôpital Ignace Deen, on a trouvé qu’elle est dans un état déplorable. Et par rapport aux médecins nous allons chercher à nous renseigner, est-ce que ce sont des médecins qui sont inscrits à l’ordre national ? Est-ce qu’ils ont l’autorisation de pratiquer la médecine en Guinée ? Tout est pénal, d’abord endormir une patiente sans son consentement, passer à l’acte, puis chercher à faire un avortement, c’est puni par la loi. Je me suis posé la question est-ce ceux qui ont fait ça sont des professionnels de santé ? Parce que dans aucune école de sante ou de médecine on apprend ce genre de pratiques. On parle de viol, il y a d’autres aussi qui ont été accusés de complicité dans une affaire de drogue. La profession est en train de s’enfoncer. Par rapport à l’acte, nous sommes en train de nous constituer en partie civile, parce que la coalition nationale des professionnels de santé est une structure qui se bat pour la moralisation du secteur de la santé. Bientôt nous ferons une déclaration à ce propos”, a-t-il rassuré.

D’après Dr Abdoulaye Kaba en tout, trois (3) agents sont impliqués dans cette affaire.

“Le médecin qui a commencé la consultation, celui qui a fait l’échographie et celui qui a fait l’intervention chirurgicale”, a-t-il précisé avant de dénoncer l’indifférence du département de la santé, face à la défaillance du système.

“On a fait tellement de propositions au ministère de la santé pour que les choses puissent marcher, mais on a constaté que le ministère développe une complicité. Aujourd’hui le système est en lambeau. C’est une machine en panne qu’on doit chercher à dépanner. Les formations se font n’importe comment, il y a des écoles de santé qui sont en prolifération. On ne connaît pas ceux qui sortent de ces écoles-là. Tout cela est lié au ministère de la santé, parce que le niveau central a des problèmes. On ne peut pas comprendre que des professionnels de santé attirent votre attention sur des faits et que ce ministère ne se bouge pas”, a-t-il déploré.

Hadja Kadé Barry

Lire l'article en entier