Déguerpissement à Matoto : les victimes complètement désemparées

il y a 3 heures 14
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Les opérations de déguerpissement des emprises des voies publiques dans le Grand Conakry ont repris ce mercredi, 21 janvier 2026.

Menées dans plusieurs zones de la capitale, elles visent à libérer les emprises routières occupées de manière anarchique par des activités commerciales.

Sauf que cette opération ne reste pas sans conséquences, selon le constat de notre rédaction à travers un de ses reporters qui s’est rendu à Matoto ce jeudi 22 janvier 2026.

À Matoto, tables et boutiques se trouvant aux abords de la route ont été déguerpies. Ibrahima Sall, étalagiste et victime raconte ce qu’il a vécu.

« Ce sont nos places qui ont été détruites. Nous qui étions derrière les murailles, ils avaient dit qu’on n’étaient pas concernés. Mais à notre surprise, ils sont venus tout gâter. Heureusement pour nous, les marchandises n’ont pas été touchées. Mais nos places sont réduites à néant. Je suis père de famille mais l’État est fort, j’ai trois élèves. Ils sont tous dans le privé. Nous demandons aux autorités de nous permettre de nous débrouiller pour faire vivre nos familles. De toutes les façons je me remets à la volonté divine », a-t-il expliqué.

Une autre victime qui nous a entretenu hors micro, confie qu’avant leur installation, ils avaient obtenu l’accord de l’administration du marché et ils paient régulièrement les taxes.

« Avant qu’on ne s’installe, on était aller voir l’administration du marché. C’est moi qui avait coordonné les activités. Même les taxes on payait tout », confie-t-il.

S’exprimant sous anonymat, cette autre victime, dit ne pas être opposée à l’opération de désengorgement des emprises de la route mais déplore la manière. Elle dit ne pas être informée à temps, alors que le communiqué annonçant la reprise des déguerpissement a circulé 48h avant le jour j.

« La terre appartient aux autorités. Mais ils ont quand même délégué des gens. Ils devaient nous donner des limites et nous avertir à temps. Mais à moins de 24h, c’est trop juste. Je ne peux pas estimer les pertes parce que à chaque fois on retouche. Je ne suis pas contre qu’on libère la route mais ça doit se faire de la bonne manière. Parce que nous payons les taxes », a-t-il indiqué.

Mamadou Mouctar SYLLA

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