De l’amour à la haine il n’y a qu’un seul pas dans les sociétés (Par Aboubacar SAKHO)

il y a 8 heures 29
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http://Actuguinee.org/ « De l’amour à la haine, il n’y a qu’un seul pas. » Cette formule, souvent reprise, exprime une réalité profonde des relations humaines, qu’elles soient collectives ou intimes. Elle rappelle à quel point les sentiments d’attachement, de confiance et d’admiration peuvent, dans certaines circonstances, se transformer rapidement en rejet, en colère, voire en hostilité ouverte. L’histoire des sociétés humaines, tout comme l’expérience universelle des relations amoureuses, offre de nombreuses illustrations de cette fragilité émotionnelle.
L’amour et la haine ne sont pas des sentiments opposés par leur intensité, mais par leur orientation. Tous deux naissent d’un engagement fort. Dans une relation entre un homme et une femme, plus l’attachement est profond, plus les attentes sont élevées. L’amour se nourrit d’espoir, de projections et de promesses, parfois implicites. Lorsque ces attentes sont déçues ( par une trahison, un mensonge ou une incompréhension répétée ) l’affection peut céder la place à la frustration, puis à la rancœur. Ce mécanisme intime est le miroir exact de ce que l’on observe à l’échelle des sociétés.
Dans de nombreux couples, les débuts sont marqués par l’admiration et l’idéalisation de l’autre. Les défauts sont minimisés, les qualités amplifiées. Mais avec le temps, lorsque la réalité s’impose, ce qui était toléré par amour peut devenir insupportable. Une parole blessante, un manque d’attention ou une infidélité peuvent transformer un amour sincère en ressentiment profond. Dans certains cas, ce ressentiment se mue en haine durable, nourrie par le sentiment d’avoir été trompé ou trahi. Plus l’amour initial était intense, plus la rupture est douloureuse et conflictuelle.
Cette logique émotionnelle se retrouve dans les relations entre les peuples et leurs dirigeants. De nombreux leaders charismatiques ont été portés au pouvoir par une adhésion passionnée, comparable à l’élan amoureux des débuts d’une relation. Les populations projettent sur eux leurs espoirs, leurs frustrations et leur désir de changement. Mais lorsque les promesses tardent à se concrétiser ou que les comportements déçoivent, l’amour politique peut se transformer en rejet violent. La Révolution française en offre un exemple frappant : des figures autrefois adulées deviennent rapidement des ennemis du peuple, accusées de trahison.
Dans la sphère amoureuse comme dans la sphère politique, la déception joue un rôle central. Un homme ou une femme qui se sent ignoré, humilié ou trompé peut passer de l’attachement à l’hostilité sans transition apparente. De la même manière, des populations autrefois fidèles à un régime ou à une idéologie peuvent basculer dans la contestation lorsque l’injustice, la corruption ou l’arbitraire s’installent. Ce basculement est rarement soudain ; il est souvent le résultat d’accumulations silencieuses, de frustrations non exprimées, jusqu’au point de rupture.
L’histoire contemporaine illustre également ce phénomène. De nombreux mouvements de libération nationale ont suscité un immense espoir, comparable à l’amour naissant dans un couple. Les leaders étaient perçus comme des sauveurs, porteurs d’un avenir meilleur. Mais lorsque les réalités du pouvoir ont révélé des dérives autoritaires ou des inégalités persistantes, l’enthousiasme s’est mué en colère. Comme dans une relation amoureuse déçue, l’ancien attachement renforce parfois la violence du rejet.
Le monde économique n’échappe pas à cette dynamique. Des marques autrefois aimées et valorisées peuvent devenir la cible de critiques virulentes après un scandale. Ce rejet est d’autant plus fort que le lien émotionnel avec les consommateurs était intense. Là encore, le mécanisme est similaire à celui d’un couple : la trahison d’une confiance installée provoque une réaction plus vive que l’indifférence initiale.
Dans la vie sociale quotidienne, les ruptures amoureuses offrent une illustration concrète de cette réalité. Les séparations conflictuelles, notamment lorsqu’elles impliquent des sentiments profonds ou des enjeux familiaux, montrent à quel point l’amour peut se transformer en haine durable. Les anciens partenaires, qui se connaissaient intimement, utilisent parfois cette connaissance pour se blesser mutuellement. Ce phénomène révèle une vérité troublante : la proximité émotionnelle peut devenir une arme lorsque la relation se brise.
À travers ces exemples ( intimes, sociaux et historiques ) une constante se dégage : l’absence de dialogue, de justice et de reconnaissance accélère le passage de l’amour à la haine. Qu’il s’agisse d’un couple, d’un peuple ou d’une organisation, les frustrations non exprimées et les attentes déçues nourrissent des ressentiments profonds. Les liens les plus forts sont aussi les plus fragiles lorsqu’ils ne sont pas entretenus par la communication et le respect mutuel.
« De l’amour à la haine, il n’y a qu’un seul pas » apparaît ainsi comme une mise en garde universelle. Elle rappelle que l’amour excessif, idéalisé et non équilibré par la lucidité, peut engendrer des ruptures violentes. Comprendre cette réalité, c’est reconnaître que la stabilité ( qu’elle soit affective, sociale ou politique ) repose sur l’équilibre, la responsabilité et la capacité à gérer les déceptions avant qu’elles ne se transforment en haine destructrice.
Par Aboubacar SAKHO
Expert en communication
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