Crise de carburant : la vraie réponse à un débat sans fin

il y a 1 mois 73
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Depuis hier, on observe des files de voitures et de motos dans les essenceries de la capitale. Les colonnes s’allongent et se répètent un peu partout ; des bousculades sont observées, des bidons sont réapparus, le marché noir est en réédition.

Cela fait renaître des questions que l’on croyait définitivement résolues.  Elles refont surface dans le but de comprendre ce qui se passe. D’entrée de jeu, on se demande si nous sommes revenus à la case départ, en faisant face, une seconde fois, en l’espace d’une semaine, à une nouvelle crise de carburant ?

La réponse que nous avons entendue ce matin, de la bouche même du directeur général de la SONAP, est claire et sans ambages : c’est non ! Et il est formel là-dessus. Il n’a cessé de le répéter avec force et conviction. « Notre pays n’est pas en crise de carburant », a-t-il dit en substance, dans l’émission Mirador de la radio FIM FM.

Dans cet entretien accordé à nos confrères, Ahmed Doumbouya a indiqué que le ravitaillement de notre pays en carburant se présente sous les meilleurs auspices. La cadence d’arrivée des bateaux ravitailleurs est bien soutenue et planifiée, de façon à ce qu’il n’y ait pas de rupture. C’est ainsi qu’il anticipera d’ailleurs, pour annoncer un calendrier fourni, de navires qui sont attendus chez nous, les 4, 7 et 12 juillet.

Alors, s’il n’y a pas de crise, à proprement parler, comment peut-on expliquer la situation que nous vivons actuellement ? Elle a tellement marqué les esprits qu’on a de la peine à lui trouver une dénomination ou un intitulé. Les mots sont nombreux à être brandis pour la définir ou la caractériser. Une vraie querelle de sémantique, on vous dit ! Tantôt on parle de crise, tantôt de pénurie, ou de rupture. Chacun y va de son vocabulaire, pour dire certainement la même chose !

Ce que nous avons pu retenir d’essentiel dans l’argumentaire développé par le DG de la SONAP, c’est qu’il y a bien du carburant dans le pays. Les quelques problèmes d’approvisionnement que nous avons connus, ces derniers temps, tiennent à des considérations d’ordre financier et bancaire qu’il fallait nécessairement renégocier et aplanir. En plus, une nouvelle réalité met en face de nouveaux partenaires que sont : les fournisseurs de carburant et la nouvelle institution guinéenne chargée de son importation (la SONAP). A cela, sont venues se greffer les répercussions du conflit russo-ukrainien.

A date, notre pays n’est toujours pas à l’abri des déconvenues pouvant survenir, dans le domaine. La raison à cela tient à sa capacité de stockage qui est jugée très limitée, pour ne pas dire faible voire infime, par rapport à ce qu’elle devrait être : de 3 à 6 mois de stock de sécurité, comme c’est le cas pour maints pays.

Pour pallier ce handicap, la nécessité de construire des dépôts en nombre suffisant s’impose. Ce qui va permettre de couvrir entièrement les besoins du pays et de lui garantir une marge de sécurité en termes de stock, en cas de nécessité impérieuse.

Le gain qu’on en tire est aussi sur un tout autre plan : on délocalise l’actuel dépôt de l’APT qui pose aujourd’hui, un réel problème de sécurité pour toute la ville, en raison de sa trop grande proximité avec le cœur même de la ville.

A ce propos, des projets excentrés sur Forécariah et certaines capitales régionales existent, qu’on attend de voir se concrétiser le plus tôt possible.

D’ici que tout cela se mette en place, nous voici confrontés à une situation que nul ne peut expliquer correctement. Nous sortons d’un semblant de crise pour nous engouffrer aussitôt, dans une autre. Et la psychose s’installe. Et les spéculateurs se frottent les mains. Eux qui sont les bisness men de la crise et qui trouvent leur compte dans la situation ainsi créée et entretenue !

Nous apprenons que les stations-service sont à classer en trois catégories. Il y a celles qui n’ont pas de carburant. Cela est dû à la cadence de rotation des citernes qui assurent la livraison. D’autres ont du carburant, mais préfèrent fermer. Elles ne le font pas, par refus de vendre aux clients, mais pour des raisons de sécurité.

En effet, ces stations sont confrontées à une anarchie très marquée qu’elles subissent toute la journée aussitôt qu’elles ouvrent. Des bagarres éclatent quelquefois, des véhicules s’accrochent en forçant le passage, etc. Pire, on a vu des clients excédés, tenter de s’emparer de la pompe pour se servir, au motif qu’on tarde à s’occuper d’eux. Les prétextes pour les palabres ne manquent pas : tantôt on s’en prend aux bidons qui ralentissent le service, ou sinon, on fait payer au client d’à côté, le ‘’privilège’’ infondé, d’avoir été servi avant l’autre qui est venu avant lui.

Le troisième groupe de stations est celui des fraudeurs. Ils ont bien du carburant, mais ne le déclarent pas, préférant thésauriser pour mieux spéculer. Ils constituent le principal maillon qui alimente le marché noir. Ce sont eux qui livrent le carburant aux revendeurs disposant de fûts ou de bidons. Ces derniers, comme des relais, en assurent le dispatching en toute insécurité et en toute impunité, dans toutes les directions imaginables.  Pour ces réseaux de trafiquants, c’est le « tout pour moi et rien pour les autres ». Ils s’enrichissent sur le dos des pauvres citoyens qui choisissent de prendre le carburant, seulement à la pompe.

Il faut ajouter à tout cela, le fait que le déchargement du navire ravitailleur a pu connaître quelques perturbations fortuites. Il a fallu quelques fois, alterner voire inverser le cours du dépotage des produits (l’essence, le gasoil et le jet), selon des nécessités ponctuelles très précises qui ont interféré dans le processus enclenché.

Par exemple, quand il s’est agi de l’avitaillement urgent en Jet, des aéronefs transportant les pèlerins à la Mecque, ou lorsqu’il a été décidé de différer le débarquement du gasoil au profit de l’essence, qui est de loin, le produit qui manque le plus, dans le pays.

Tout cela, pour que les choses se remettent en ordre, au plus vite et que la normalité revienne dans le secteur.

L’importance stratégique des produits pétroliers et leur extrême sensibilité dans la vie de nos sociétés ne sont plus à démontrer. On mesure bien l’urgence qu’il y a à en assurer, partout, la fourniture correcte et régulière. Le monde entier en dépend, dans la vie de tous les jours. C’est tout dire!

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