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Sékou Kaké et la société Sékou Kaké Construction SARL ont comparu ce mardi 12 mai devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Ils sont poursuivis pour blanchiment aggravé de capitaux et association de malfaiteurs. Sékou Kaké, qui a comparu à la barre, a d’abord été interrogé sur ses liens avec l’ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané. Il a précisé qu’ils sont tous deux originaires de Kankan et qu’ils y étaient voisins. Cependant, ils ne se rencontraient que dans un cadre strictement social.
Le procureur spécial, qui l’interrogeait, s’est ensuite intéressé à la société SOGEFEL appartenant au prévenu. Sékou Kaké a révélé être entrepreneur depuis 1999. Il a commencé avec SOGEFEL SARL. Il a précisé qu’il n’était pas seul. Son frère, Abdoulaye Kaké, détenait également des parts. La participation de chacun était de 50 %. Le capital social s’élevait à 8 millions de francs guinéens au départ. Lors de sa constitution, les comptes de la société avaient été ouverts dans les livres d’Ecobank. L’objet social portait sur le transport, le BTP et le commerce général. Jusqu’ici, cet objet social n’a connu aucun changement, a soutenu M. Kaké.
Les nombreux contrats importants exécutés par la société SOGEFEL
Selon le prévenu, depuis sa création en 1999, la société a réalisé plusieurs contrats dans le domaine du BTP. C’est le cas notamment des agences d’Ecobank à Kipé, N’Zérékoré, Guéckédou, Kankan, Siguiri, Matoto et Forécariah. Le contrat le plus récent est celui de Beyla. Ce marché a été obtenu à travers un appel d’offres ouvert. Son coût global est estimé à 4 milliards de francs guinéens.
Outre Ecobank, la société a exécuté plusieurs autres grands contrats. En 2015, elle a bénéficié d’un marché de BTP de 30 millions de dollars en Sierra Leone, obtenu à travers un appel d’offres international.
SOGEFEL a également réalisé la construction de la cité de la CBG à Kamsar en 2019, pour un coût de 35 milliards de francs guinéens. Elle a aussi construit l’ERAM de N’Zérékoré à travers un appel d’offres international, pour un montant de 5 millions de dollars. Il y a eu également la construction de l’agence de la BCRG à Kankan en 2018. Ce marché a été exécuté à hauteur de plus de 40 milliards de francs guinéens à travers un appel d’offres ouvert.
La société a aussi bénéficié d’un marché de la CEDEAO de 11 millions de dollars en Sierra Leone, à la suite d’un appel d’offres international. Le contrat le plus récent est en cours d’exécution à la frontière libéro-sierra-léonaise. Son coût est estimé à 25 millions de dollars. Concernant ces contrats en Sierra Leone, la société a été amenée à créer une représentation et à ouvrir un compte bancaire dans ce pays qui, selon M. Kaké, ne fonctionne que lorsqu’il y a des contrats en cours d’exécution.
Sortis de fonds vers l’extérieur sans déclaration préalable
Dans cette dynamique, le prévenu a reconnu avoir effectué des transferts d’argent de la Guinée vers la Sierra Leone par voie terrestre sans déclaration préalable. Pour le ministère public, cela constitue un modus operandi visant à dissimuler des fonds.
En réponse à d’autres questions du substitut du procureur spécial, Sékou Kaké a indiqué posséder deux véhicules : un V8 acheté à 60 000 dollars et un second véhicule acquis à 20 000 dollars. Les deux auraient été achetés en Arabie saoudite auprès d’un certain Alhassane Diallo.
Toutefois, il n’a pas été en mesure de déterminer le nombre de véhicules acquis pour la société SOGEFEL. C’est ainsi que Biwon Millimouno a sollicité la communication de la situation des véhicules personnels ainsi que de ceux appartenant à la société.
Détails sur les autres segments de l’objet social de la société SOGEFEL
Ce magistrat est également revenu sur le volet transport figurant dans l’objet social de SOGEFEL. Sékou Kaké a affirmé que, dans ce domaine, sa société intervient uniquement dans les mines à Kouroussa, chez SICAMOR. Le contrat, selon lui, date d’environ un an et génère entre 3 et 4 milliards de francs guinéens par an.
Ce marché aurait été obtenu à travers un appel d’offres. À ce niveau, le parquet spécial a demandé la comparution de la société SICAMOR, la production du contrat la liant à SOGEFEL ainsi que les pièces justificatives de l’exécution des obligations fiscales.
Concernant le troisième volet de l’objet social de la société, à savoir le commerce général, Sékou Kaké a déclaré que la société n’avait finalement exercé aucune activité commerciale depuis sa création.
Plusieurs mesures ordonnées
Au terme de l’audience, la Cour a renvoyé l’affaire au 9 juin 2026. Mais avant, elle a invité le prévenu a produire aux débats l’ensemble des contracts chiffrés liés au BTP et au transport en Guinée et à l’étranger, les différents documents fiscaux de la société SOGEFEL en lien avec ses contrats, les différents relevés bancaires à l’étranger issus de l’exécution des contrats.
La Cour a également invité le service d’immatriculation de véhicules a communiqué la situation des véhicules du prévenu. Elle a enfin ordonné la comparution de la société SICAMOR.
Sékou Diatéya
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il y a 48 minutes
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