Conakry : les cordonniers confrontés à d’énormes difficultés

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Autrefois réservée à une certaine catégorie de la société guinéenne, la cordonnerie est depuis quelque temps un métier de refuge de plusieurs jeunes déscolarisés en Guinée. Ils sont partout sur le territoire national et ils fabriquent divers articles (chaussures, portemonnaie, sac à main…) à base de cuir, de plastique et d’autres matériaux. Mais, avec la conjoncture économique difficile que la Guinée traverse actuellement, les clients se font rares et le coût du matériels de travail trop pesant.

Dans les cordonneries de Conakry, les activités sont au ralenti. Avoir de la matière première est devenu une épreuve et les articles fabriqués prennent de la poussière dans les magasins. Mamadou Diakité, cordonnier au quartier Aéroport, connaît bien cette galère.

Mamadou Diakité, cordonnier au quartier Aéroport

« Actuellement, dans ce métier, nous rencontrons énormément de difficultés. Il y a le manque de clients et le prix des matières premières pour la fabrication sont chers. Et, quand nous fabriquons des articles, le gouvernement ne nous vient pas en aide pour la vente et la valorisation de nos articles. En plus de ça, la location du bâtiment qui nous abrite coûte chère. Nous n’avons pas de centre artisanal et nous n’avons pas suffisamment de moyens financiers. Et, cela nous empêche d’évoluer dans ce métier. Le tapis en plastique qu’on utilise pour fabriquer des chaussures coûte actuellement 50.000 francs, alors qu’avant on pouvait l’avoir à 30.000 ou 35.000 francs. La peau de cuir est à 20000 francs ; mais, parfois, on a du mal à en trouver. Quand on achète ces peaux de cuir de chèvre, on les envoie au village pour le tannage ; puis, on les ramène à Conakry ici pour la confection. On utilise aussi des couleurs pour la fabrication, pour rendre les chaussures plus belles. Mais, on achète ça à 20 000 francs ; et, c’est trop petit », a déploré Mamadou Diakité.

Pour cet autre cordonnier, Ibrahima Tounkara, les difficultés qui accablent actuellement les artisans sont en grande partie dues au manque de sérieux et la malhonnêteté de leurs chefs. Mais, il dénonce aussi l’absence de centre artisanal pour regrouper les artisans dispersés aujourd’hui un peu partout à Conakry.

Ibrahima Tounkara, cordonnier

« Dans ce métier, nous rencontrons des difficultés à nous procurer des matériaux de fabrication. Les personnes qui représentent tous les artisans de Guinée, nos chefs, ne sont pas honnêtes envers nous les artisans. Parfois, elles viennent ici nous prendre en photo avec nos articles comme si elles allaient faire quelque chose pour nous, elles font des marchés avec ça et ce qu’elles gagnent dans ça nous ne sommes au courant de rien. Quand je parle de nos chefs, je fais allusion à notre président, Elhadj Boubacar Fofana, il n’a pas été sérieux avec nous. Il ne nous a pas aidés du tout. Tu sais, quelles que soient tes compétences dans un travail, si tu n’as pas quelqu’un pour t’aider, tu ne peux pas avancer. S’il s’était battu pour nous avec son titre de président pour la bonne cause des artisans, on n’en serait pas là aujourd’hui… Les matières premières pour la fabrication sont chères. Et, quand nous faisons la confection, on a du mal à nous en sortir et à gagner quelque chose. Si on était tous réunis dans un centre, on allait gagner quelque chose », a indiqué Ibrahima Tounkara.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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