Conakry : les acteurs de la sécurité routière à l’école de la prévention des accidents

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La Guinée a affiché ces dernières années un taux de mortalité routière peu reluisant. Pour inverser la tendance et promouvoir la sécurité routière, les travaux de l’atelier de restitution de la phase pilote de collecte des données d’accidents de la route à l’aide du bulletin d’analyse des accidents corporels (BAAC), ont été lancés, ce mercredi 29 juin 2022, dans un réceptif hôtelier, à Conakry.

C’était sous l’égide du ministre des Infrastructures et des Transports Yaya Sow, en présence du coordinateur du projet de mobilité et de connectivités rurales (PMCR) et du directeur général de l’agence guinéenne de la sécurité routière (AGUISER).

C’est une initiative du ministère des transports et des infrastructures. Elle s’inscrit dans le cadre de la sous composante sécurité routière du projet de mobilité et de connectivité rurale (PMCR), financé par la Banque Mondiale.

La démarche vise à rendre compte et à partager les résultats de la phase pilote de collecte des données d’accidents de la route, réalisée dans huit (8) préfectures couvertes par le PMCR. Ce sont: Coyah, Dubreka, Boké, Dalaba, Pita, Labé, Siguiri et Mandiana.

Au cours de cet atelier, les acteurs de la sécurité routière, seront amenés à faire un retour d’expériences sur les trente (30) jours d’intense travaux de collecte des données, échanger autour des forces et faiblesses du formulaire BAAC mis à leur disposition, partager les difficultés de son remplissage ainsi que les leçons apprises, en vue d’élaborer ensemble une version finale qui sera désormais un outil de travail définitif.

Dans son allocution de circonstance, le directeur général de l’AGUISER, Thierno Barry, a salué le recrutement d’un consultant par la Banque Mondiale à travers le PMCR, dans le but d’appuyer son agence pour la mise en place et la gestion d’un système d’information fiable sur les accidents de la circulation.

Selon lui, le projet BAAC proposé a déjà fait l’objet de partage entre les parties prenantes impliquées dans la collecte des données sur les lieux d’accidents que sont la police routière et la gendarmerie routière et de pré validation par l’AGUISER : « les agents et officiers de la police routière ici présents ont été outillés par le consultant à l’utilisation de ce BAAC au cours de deux ateliers de formation tenus à Conakry respectivement le 15 juillet 2021 et le 12 mai dernier », a-t-il indiqué.

Thierno Barry, a ajouté que cet atelier est l’aboutissement d’un processus qui a débuté il y a plusieurs mois. Mais pour obtenir un système des données fiables, il estime qu’il y a encore du chemin à parcourir.

« c’est pourquoi les prochaines étapes seront décisives. Il s’agira d’équiper nos forces de police routière et de gendarmerie routière en matière d’équipements informatiques dans les huit préfectures dans un premier temps afin de permettre la transmission numérique des données vers un serveur qui sera installé à l’AGUISER », dira-t-il.

De son côté le coordinateur du PMCR, Mohamed Lamine Diaby, a focalisé sa communication sur l’objectif du projet qui est de réduire l’incidence de la pauvreté, l’augmentation de la sécurité alimentaire et l’amélioration des conditions de vie des populations rurales par la mise en place d’un réseau fonctionnel d’infrastructures de transport respectueux de l’environnement concourant à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) et du Programme National de Développement Économique et Social (PNDES) de la Guinée.

« il comprend trois (3) composantes qui sont : 1) Réhabilitation des routes rurales et constructions des infrastructures communautaires 2) Composante 2: Renforcement des capacités pour l’entretien des routes et la sécurité routière La composante 2 est décomposée en trois sous-composantes (3) dont la 3ème correspond à la sécurité routière. Ainsi, la sécurité routière sera encouragée sur les tronçons de routes améliorées en ajoutant des dispositifs de sécurité dans la conception de l’infrastructure. Par ailleurs, le manque de données fiables sur la sécurité routière au niveau national a été identifié comme un problème et sera traité à travers l’appui du PMCR » a-t-il déclaré.

Poursuivant, il souligne que c’est un appui qui comporte deux (2) volets importants, à savoir : L’appui à l’opérationnalisation de l’AGUISER à travers la mise en place d’une base de données sur les accidents de la circulation et la mise en œuvre d’une phase pilote de collecte des données d’accidents dans la zone du projet.

Présidant la cérémonie d’ouverture des travaux, le ministre des Infrastructures et des Transports Yaya Sow a rappelé que ces dernières semaines, notre pays a été frappé par des drames humains terribles, liés aux accidents de la circulation routière.

« Le premier constat qu’on fait à la suite de cela, c’est qu’il n y avait pas de remontée de statistiques sur ces accidents. On ne connaissait même pas le nombre de morts, de blessés, les véhicules qui avaient été affectés, quelle était leur nature. Donc, nous avons mis en place un outil avec la Banque Mondiale, qui va nous permettre d’avoir des remontées de statistiques fiables très vite, aussi bien pour les forces de l’ordre, le ministère concerné et les assureurs. Parce que cela est fondamental, toutes nos activités liées aux événements post accidents, c’est l’assurance qui les règle. Mais si les assureurs n’ont pas de données fiables, ils ne pourront pas les traiter. Donc, c’est pour cela que nous avons mis en place ce programme avec un bulletin de recueillement des statistiques qui sont fiables », a-t-il expliqué.

Poursuivant, il a indiqué que son département a un programme de contrôle technique, sauf qu’il n y a qu’une seule société qui est sur le terrain. Toutefois annonce-t-il: « Nous avons agréé neuf (9) sociétés qui vont s’installer bientôt et ça sera même dans les régions. Ils vont faire ce travail de contrôle technique de façon à éviter que les engins, les véhicules vétustes circulent et créent des dommages à la population et aux usagers. Il n y a que 8 villes qui sont concernées à ce stade mais, j’ai invité la banque mondiale à étendre ce programme sur toutes les villes de Guinée », a indiqué le ministre des transports et des infrastructures.

Alhassane Fofana

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