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Les travailleurs parlementaires se sont rassemblés ce mercredi 2 avril dans la cour de l’institution pour protester contre une décision du Secrétariat général du Conseil National de la Transition (CNT).
Selon une note de service signée par Aboubacar Camara, et consultée par Guineenews.org, des dysfonctionnements majeurs entravent la bonne marche de l’institution parlementaire.
Cette note explicative indique que ces dysfonctionnements se manifestent par un absentéisme prononcé d’une partie significative du personnel, une pléthore de travailleurs sous-employés ou dont la présence n’a pas d’impact visible sur le fonctionnement de l’administration, ainsi qu’une qualité insuffisante de l’accompagnement fourni aux conseillers nationaux.
M. Camara annonce dans cette note qu’un test général sera organisé dans les prochains jours. Il aura pour objectifs d’identifier les agents aptes à leurs fonctions et capables d’assurer un accompagnement de qualité aux conseillers nationaux, de détecter, à chaque niveau de la hiérarchie, ceux qui ont une meilleure compréhension des missions et des enjeux du Parlement, de déterminer les besoins en formation et en mise à niveau du personnel, de redéployer les agents vers des postes correspondant à leurs compétences.
Un possible détournement de plusieurs milliards dénoncé
Interrogés, des travailleurs parlementaires dénoncent une tentative d’étouffer un détournement de plusieurs milliards de francs guinéens, portant sur les primes des fonctionnaires parlementaires.
« Depuis bientôt plus d’un trimestre, un rocambolesque détournement des primes et salaires de près d’un millier de travailleurs parlementaires a été découvert, couvrant une période d’environ une décennie, depuis 2016 », pestent-ils.
Les montants incriminés, pris individuellement, avoisineraient en moyenne 200 millions de francs guinéens par travailleur, pour près de 1 000 travailleurs.
Après vérification de chaque travailleur sur l’ensemble des bulletins de salaire de 2016 à nos jours, restaurés par le FUGAS, le syndicat a saisi le président du CNT. Celui-ci a immédiatement mis en place une commission d’enquête, coordonnée par le président de la commission économique et financière du CNT.
Cependant, les travailleurs dénoncent une tentative de dissimulation des faits. « Le paradoxe qui intrigue tout le monde, c’est que la commission semble tourner en rond, tant les manœuvres de dissimulation de la vérité sont perceptibles. Cela met en exergue une mésentente entre certains syndicalistes et le président de la commission, qui commence à avancer des arguments infondés », regrettent-ils.
Pour le moment, aucune sanction envisagée contre les suspects
Alors que les faits de détournement sont établis et que les suspects sont identifiés, aucune sanction conservatoire n’a été prise. Les personnes impliquées dans le détournement continuent d’occuper leurs postes et de voyager sans restriction.
« Au lieu d’aider les travailleurs à entrer en possession des fonds qui leur ont été volés, nous sommes menacés de licenciement à travers un simulacre de test de performance que le président du CNT compte organiser bientôt », déplorent-ils.
En réalité, selon eux, toutes ces manœuvres viseraient à intimider les travailleurs, qui menacent de battre le pavé si la situation n’évolue pas.
Face à cette situation, les travailleurs parlementaires prévoient une manifestation imminente devant le Palais Mohamed V pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une confusion entretenue par une commission sous influence.