PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]
Au terme de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, le consultant sportif Thierno Saïdou Diakité livre à Guinée360 son analyse du tournoi, marquée par les progrès du football africain, les insuffisances arbitrales et les enseignements à tirer pour la Guinée.
De l’absence du Syli national à la problématique des infrastructures sportives, notamment le stade de Nongo, il appelle les autorités à une véritable volonté politique afin de permettre au pays de se projeter vers l’organisation d’une future CAN.
Guinée360 : La 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 s’est achevée ce dimanche. Quel bilan global dressez-vous de l’organisation et du niveau de la compétition ?
Thierno Saïdou Diakité : Il faut reconnaître que cette 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations, qui était initialement attribuée à notre pays avant d’être retirée faute de satisfaction du cahier des charges de la CAF, puis confiée au Royaume du Maroc, s’est déroulée dans de très bonnes conditions. À l’instar de la précédente édition organisée en Côte d’Ivoire, les Marocains ont mis la barre très haut, tant en matière d’infrastructures sportives que d’infrastructures connexes, permettant aux 24 équipes participantes de disputer la compétition dans des conditions optimales.
Peut-on dire que le niveau du football africain a progressé ?
Ce football enregistre effectivement des améliorations et des progrès. Des pays comme la Côte d’Ivoire, le Bénin ou la Tanzanie, autrefois considérés comme des outsiders, parviennent aujourd’hui à bousculer les équipes dites majeures du continent.
Quelle a été la fausse note que vous avez observée ?
La seule fausse note observée concerne la synchronisation entre le système de la VAR et l’arbitrage. Si vous vous rappelez du match Bénin–RDC, la VAR est tombée en panne et l’arbitre n’a pas eu le courage d’apprécier une faute pourtant évidente.
Plusieurs décisions arbitrales ont suscité de vives contestations tout au long du tournoi. En tant que spécialiste, quel regard portez-vous sur la qualité de l’arbitrage lors de cette CAN ?
Pour rejoindre l’observation du journaliste Nabil Zélith, la CAF devrait se pencher sérieusement sur cette problématique. Les arbitres désignés pour officier les matchs de la CAN doivent être d’un certain niveau. Le football africain progresse, même s’il n’est pas encore comparable au football européen ou latino-américain. Cela implique que les arbitres bénéficient, avant la compétition, de séances de renforcement de capacités pour mieux interpréter les lois du jeu. Il faut également une meilleure harmonie entre l’arbitre central, ses assistants et la VAR afin d’éviter de pénaliser injustement les équipes. Cette question interpelle aujourd’hui la CAF, qui doit tirer les leçons pour les prochaines éditions. La CAN prévue en Ouganda, en Tanzanie et au Kenya devra servir d’exemple, car les contestations ont été nombreuses, aussi bien sur les réseaux sociaux que parmi les observateurs présents au Maroc.
L’absence de la Guinée à cette CAN a été diversement commentée. Selon vous, quelles peuvent être les conséquences de cette non-participation sur l’avenir du football guinéen ?
C’est avec un sentiment de regret et de frustration que j’aborde ce sujet. En 1999, lors de la CAN des cadets organisée en Guinée, Issa Hayatou avait rappelé que seuls les pays candidats peuvent être désignés hôtes. Concernant la CAN 2025, initialement prévue en Guinée pour 2023, puis décalée à cause du Covid-19 et des retards d’infrastructures au Cameroun, notre pays n’a malheureusement pas satisfait aux exigences du cahier des charges. Le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, est venu en 2023 nous notifier le retrait de l’organisation. C’est une perte de temps et un retard pour le pays. La CAF avait instauré cette rotation afin de permettre aux États d’investir dans des infrastructures fonctionnelles, indispensables au développement du football. Cette CAN aurait permis de combler le déficit d’infrastructures à Conakry comme à l’intérieur du pays.
Quel appel avez-vous à lancer au prochain gouvernement ?
Je lance un vibrant appel aux autorités issues du prochain gouvernement afin que l’organisation d’une compétition majeure comme la CAN soit inscrite parmi les priorités nationales. Le CHAN, malheureusement supprimé par la CAF, aurait pu servir de répétition générale. Désormais, il faut se projeter vers les horizons 2032 ou 2036.
Donc pour vous, le gouvernement postélectoral et le ministère des Sports doivent faire de l’organisation d’une CAN une priorité ?
Absolument. Le ministère des Sports et la Fédération guinéenne de football doivent travailler ensemble pour soumettre une candidature. Le débat est en cours à la CAF sur la périodicité de la CAN, qui pourrait passer de biennale à quadriennale à partir de 2028. Si aucun pays ne se positionne, le Maroc pourrait encore accueillir l’édition suivante. Des discussions sont également en cours avec l’Égypte, qui ne serait pas prête pour 2028.
Pensez-vous que la Guinée peut organiser l’édition de 2028 ?
Non, 2028 est trop proche. En revanche, 2032 ou 2036 restent envisageables. Organiser une CAN nécessite six stades de compétition, douze stades d’entraînement, des infrastructures hôtelières, aéroportuaires et routières. En deux ans, ce n’est pas réaliste.
Parlant des infrastructures, le débat sur la mise à disposition du stade Général Lansana Conté de Nongo se pose après les derniers travaux effectués. Est-ce que vous pensez que le stade est en mesure d’être livré ?
Non, le stade n’est pas encore prêt. Une mission préliminaire de la CAF est passée il y a deux mois et de nombreux manquements ont été relevés. Le ministre a annoncé une mise en service au premier trimestre 2026, mais une nouvelle mission de la CAF devra évaluer les travaux pour une éventuelle homologation. Nous attendons et souhaitons qu’une attention particulière soit accordée à l’achèvement des travaux du stade de Nongo et de celui du 28-Septembre.
Selon vous, est-ce possible?
C’est avant tout une question de volonté politique. Nous avons vu que certains travaux peuvent être réalisés rapidement. Si les enjeux sont clairement exposés au Président de la République, les moyens nécessaires seront mobilisés. D’autant plus que les éliminatoires de la CAN 2027 débutent dès mars prochain. La Guinée est exemptée des préliminaires, mais devra ensuite disputer les phases de groupes jusqu’en décembre 2027.
L’article CAN 2025 : Thierno Saïdou Diakité analyse le tournoi et appelle la Guinée à viser 2032 ou 2036 est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
.png)
il y a 4 heures
16

















English (US) ·