Burkina Faso: mutineries de soldats dans plusieurs casernes

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Des tirs à l’arme automatique et l’arme lourde aux camps militaires du général Baba Sy et de Sangoulé Lamizana à Ouagadougou ont été entendus, ce dimanche matin 23 janvier, et des incidents signalés à Kaya et Ouahigouya dans le nord du pays. Les soldats réclament le départ des chefs de l’armée et des « moyens plus adaptés » à la lutte contre les jihadistes. Plus tard dans la journée, des partisans des militaires mutins ont incendié une partie du siège de la campagne présidentielle de 2020.

A Ouagadougou, le calme -certes précaire- était revenu, rapportait, en début d’après-midi notre correspondant, Yaya Boudani.

Les tirs ont cessé dans les deux camps de la capitale concernés par ce qui semble être une mutinerie, un « mouvement d’humeur », selon l’expression récurrente ce dimanche.

Plus tôt à la mi-journée, de jeunes soldats cagoulés avaient bouclé tout le périmètre autour du camp de Sangoulé Lamizana à Ouagadougou. Armes en main, ils contrôlaient les accès de l’avenue devant le camp, sous le regard interrogatif de nombreux curieux. Même topo sur la base aérienne, voisine de l’aéroport international de Ouagadougou où des tirs étaient entendus ce matin.

Le réseau internet mobile est suspendu.

Signalons enfin qu’à Ouagadougou, quelques dizaines de manifestants ont tenté de se regrouper sur la place de la Nation, mais ils ont été dispersés par les forces de l’ordre.

Le gouvernement dément un coup d’État

Mouvement d’humeur de soldats ou bien tentative de coup d’État, dans un communiqué publié en milieu de matinée, le gouvernement a confirmé ces tirs, mais démenti les rumeurs d’un coup d’État.

« Des informations véhiculées dans des réseaux sociaux tendent à faire croire à une prise de pouvoir par l’armée en ce jour. Le gouvernement, tout en reconnaissant l’effectivité de tirs dans certaines casernes, dément ces informations et appelle les populations à rester sereines », a indiqué, Alkassoum Maiga, porte-parole du gouvernement.

Le ministre de la Défense, le général Barthélémy Simporé, a affirmé que « pour le moment », aucune institution de la République « n’a été inquiétée ».

Il s’agit de quelques casernes, et il n’y en a pas trop. Quelques casernes qui sont concernées, mais dans certaines de ces casernes le calme est déjà revenu…

Le général Aimé Barthelemy Simporé, ministre burkinabé de la Défense et des Anciens combattant, s’est exprimé dès la fin de matinée dans un entretien accordé à la radio-télévision publique

Les incidents ont commencé tôt ce dimanche matin

Des tirs sporadiques puis plus soutenus d’armés automatiques et d’armes lourdes, rapportait ce matin notre correspondant dans la capitale burkinabè, Yaya Boudani.

Ecoutez ce témoignage d’un voisin du camp de Sangoulé Lamizana à Ouagadougou

À Kaya, des tirs ont été entendus également au régiment d’artillerie lourde, mais le calme serait revenu suite à des discussions avec la hiérarchie militaire ; à Ouahigouya, autre ville de province, les habitants ont fait également état de tirs dans un camp.

Samedi, au moins deux soldats ont été tués et plusieurs blessés dans l’explosion d’un engin artisanal, sur l’axe entre Ouahigouya et Titao (Nord), au passage de leur véhicule qui escortait des commerçants, selon des sources sécuritaires et locales, rapporte l’AFP.

Signalons aussi que le camp de Sangoulé Lamizana à Ouagadougou abrite la Maca, Maison d’arrêt et de correction, où sont détenus des prisonniers militaires et notamment le général Diendéré, ancien chef d’état-major de Blaise Compaoré condamné pour une tentative de coup d’État en 2015 et également poursuivi dans le cadre de l’assassinat de l’ex-président Thomas Sankara.

Des incidents qui surviennent dans un contexte de tension

Depuis l’attaque d’Inata en novembre dernier et le décès d’une cinquantaine de gendarmes, l’atmosphère est devenue très tendue au Burkina. Malgré les changements intervenus à la tête des forces armées, les populations demandent des résultats sur le plan sécuritaire.

Plus d’un million et demi de personnes ont fui leur domicile à la suite de ces attaques. Certaines organisations de la société civile demandent même la démission du président Roch Marc Christian Kaboré.

Hie samedi,  les gens ont tenté de marcher à Ouagadougou mais les manifestations ont été dispersées. Et depuis quelques jours, l’accès aux réseaux sociaux, notamment Facebook, est restreint ce qui contribue à tendre l’atmosphère et à nourrir la colère au sein de la population.
Libreopinionguinee Avec RFI

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