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La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a récemment abaissé son taux directeur de 25 points de base, le fixant désormais à 9,50%. Une décision qui s’inscrit dans une logique de relance économique. Dans un entretien accordé à la presse, l’économiste Dr Mohamed Cissé revient en détail sur les mécanismes et les implications de cette mesure.
« Le taux directeur est un instrument de stabilité des prix »
D’entrée, Dr Mohamed Cissé rappelle le rôle fondamental de cet outil monétaire : « Le taux directeur est un instrument de politique monétaire qui permet d’atteindre un objectif intermédiaire dont la finalité est la stabilité des prix. » Il précise également son fonctionnement : « Le taux directeur est le taux auquel la Banque centrale prête aux autres banques. Et c’est sur la base de ce taux également que les banques ajoutent une marge pour prêter à leurs clients. » Ainsi, poursuit-il, « le taux que les banques utilisent est appelé taux débiteur », directement influencé par le taux fixé par la Banque centrale.
« La baisse donne une marge de manœuvre aux banques »
Pour l’économiste, la réduction du taux directeur de 9,75% à 9,50% n’est pas anodine. « Cela donne une marge de manœuvre supplémentaire aux banques de revoir leur taux débiteur à la baisse », explique-t-il. Conséquence directe : « Cela incite tous les agents économiques qui trouvaient le taux un peu plus élevé de solliciter le financement. » En d’autres termes, le crédit devient plus attractif.
Un projet peut devenir rentable grâce à 0,25 point de moins
Dr Mohamed Cissé illustre l’impact concret de cette décision : « Si vous avez un business plan selon lequel un taux de 9,75% rend une hypothèse difficile en termes de rentabilité, la baisse de 0,25 peut rendre votre projet beaucoup plus rentable. » Il ajoute : « Cela vous incite aussi à vous endetter pour ne pas que demain le taux revienne à la hausse. »
Dans le détail, « si la banque ajoute une marge de 2% ou 3%, le client peut obtenir un financement à 12,5% ou plus, selon le risque associé à son activité. » Et même davantage : « Un entrepreneur peut se retrouver avec un taux de 13,5%, avec une marge de 4,5% ajoutée par la banque. »
Moins de taux, c’est moins de charge financière
L’économiste insiste sur un point clé : « La charge financière qui réduit le résultat d’exploitation est calculée sur la base du taux débiteur, lequel s’adosse au taux directeur. » D’où cette conclusion : « Plus le taux diminue, plus la charge financière supportée par l’entreprise et par le ménage diminue également. » Selon lui, cette décision s’inscrit clairement dans « une politique monétaire expansionniste qui vise la relance de l’activité économique ».
Une coordination avec la politique budgétaire
Dr Mohamed Cissé met en parallèle cette mesure avec l’orientation budgétaire de l’État : « Cela corrobore avec la tendance du budget, dont le montant a été revu à plus de 18%. » Il parle d’une double dynamique : « Il y a une politique budgétaire expansionniste au niveau du gouvernement et une politique monétaire expansionniste au niveau de la Banque centrale. » Et d’expliquer : « C’est une logique d’accompagnement, parce que la Banque centrale n’a pas qu’un seul objectif qui est la stabilité des prix. Elle a aussi pour objectif la stabilité du système financier. »
« Faciliter la mobilité des capitaux »
Dans cette perspective, il insiste sur le rôle du système financier : « Le marché financier ne peut jouer son rôle que s’il facilite la mobilité des capitaux entre les agents à capacité et les agents en besoin de financement. » Pour lui, « nous sommes dans une logique d’expansion économique, du point de vue budgétaire comme du point de vue monétaire ».
Les PME peuvent en tirer profit
S’agissant des effets concrets, Dr Mohamed Cissé estime que « pour les petites entreprises et les commerçants, le coût du prêt sera revu à la baisse ». Ce qui implique que « toutes choses égales par ailleurs, ils sont censés générer plus de profits ». Il nuance toutefois : « S’ils obtiennent un financement moins cher, cela veut dire aussi qu’ils pourraient vendre moins cher. Même si ce n’est pas toujours vérifié. »
Une condition pour soutenir les chantiers publics
Enfin, l’économiste souligne le lien avec les investissements publics : « Si le gouvernement est dans une politique budgétaire expansionniste avec beaucoup de travaux, il ne va pas réaliser ces chantiers lui-même. Il faut passer par les entrepreneurs. »
D’où la nécessité de créer les conditions adéquates : « Il faut leur permettre d’avoir du financement à un coût raisonnable pour répondre aux contrats publics. » Il met en garde : « Si la politique monétaire n’accompagne pas, cela peut créer des distorsions et produire des effets pervers au lieu des résultats attendus, comme la réduction du chômage ou la croissance économique. »
Une mesure qui s’inscrit dans une logique globale
Pour conclure, Dr Mohamed Cissé tempère : « La baisse du taux directeur n’est pas une solution en soi. Elle n’a pas de rapport direct avec tous les problèmes économiques. » Mais elle reste, selon lui, « une réponse à une logique de gouvernance basée sur les perspectives économiques déjà enregistrées ».
L’article BCRG : la baisse du taux directeur à 9,50% expliquée par l’économiste Dr Mohamed Cissé est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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