Axe Kankan-Kissidougou : la route de tous les calvaires

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L’espoir suscité il y a quelques années par le lancement des travaux de réhabilitation de la route nationale Kankan-Kissidougou s’est transformé aujourd’hui en une véritable désillusion. En effet, le projet, dont l’exécution était confiée à Ebomaf, a été un échec total. Au lieu de donner du sourire aux usagers de cette route, il a plutôt aggravé leur souffrance, a constaté le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

La réhabilitation de la route nationale Kankan-Kissidougou était l’une des promesses de campagne du président Alpha Condé. L’ancien chef de l’Etat guinéen avait confié l’exécution du projet à Ebomaf, une entreprise appartenant à l’homme d’affaires burkinabè Mahamadou Bonkoungou, avec qui il entretenait de bonnes relations. En 2014, Ebomaf lance le projet pour un délai d’exécution de 24 mois (deux ans). Mais, sept années plus tard, le constat sur le terrain est alarmant : les seuls travaux réalisés ont consisté au terrassement de 35 kilomètres de route.

Les usagers de cet axe routier, qui avaient vivement salué le lancement de ces travaux, n’ont pas tardé à déchanter. Car, au lieu de sortir de la souffrance, leur calvaire s’est plutôt aggravé. C’est le cas de Balla Condé, un chauffeur qui pratique régulièrement cette route. « Cela fait maintenant dix ans que cette route est quasiment impraticable, on l’emprunte parce qu’on n’a pas le choix, il faut travailler pour nourrir la famille. 

Quand il pleut, on peut passer deux à trois entre Kankan et Kissidougou, à cause du mauvais état de la route. Quand Ebomaf a lancé les travaux de reconstruction de cette route, en 2014, on était très contents, on avait eu un grand espoir. Malheureusement, cette entreprise n’a rien fait, même les trois ponts qu’elle avait commencé à construire n’ont pas été achevés », a déploré ce transporteur.

Kemo Dramé, chauffeur

Même son de cloche chez Kémo Dramé, un autre chauffeur qui pratique cet axe. Il indique que le mauvais état de la route cause beaucoup de dommages aux transporteurs. « Chaque fois que je fais deux ou trois voyages, l’amortisseur de mon véhicule ne tiendra plus, je suis obligé de le changer. A cause de ces pannes récurrentes, on souffre beaucoup, on travaille pour survivre. Je demande aux nouvelles autorités guinéennes de nous aider à reconstruire cette route. Car, si elle est en bon état, ça va beaucoup nous soulager », a-t-il lancé.

Tidiane Sow, chauffeur

Depuis 1985, Tidjane Sow, un Guinéen vivant à Cotonou, au Bénin, n’a pas mis pied sur le tronçon Kankan-Kissidougou. Aujourd’hui, il est surpris de voir l’état de dégradation poussée de cette route. « Cette route est un calvaire total pour les usagers. Lorsque je quittais ici, en 1985, elle n’était pas comme ça. Je quittais Kissidougou à 8 heures, à moto, et 10 heures me trouvait à Kankan. Je règle toutes mes affaires et je retourne à Kissidougou. Mais, aujourd’hui, on peut passer toute une journée entre Kankan-Kissidougou, 194 Km. Je n’ai jamais vu une route comme ça dans n’importe quel pays », a dit ce citoyen.

Qu’est-ce qui a empêché la réhabilitation de cette route ? Où est parti l’argent débloqué par l’Etat pour l’exécution des travaux ? Ce sont là des questions qui restent aujourd’hui en suspens et que les nouvelles autorités guinéennes devraient chercher à éclaircir. 

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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