Affaire Colonel Bienvenu Lamah : tiraillement entre défense et parties civiles concernant les témoins 

il y a 2 heures 17
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Les auditions des parties civiles dans le dossier du massacre du 28 septembre 2009 se sont poursuivis devant le tribunal criminel délocalisé de Dixinn.

À la barre, les victimes et leurs proches se succèdent pour relater les sévices subis lors de cette tragédie où, selon les organisations de défense des droits de l’homme, plus de 150 Guinéens ont péri. En quête de justice, les plaignants réclament réparation pour les préjudices subis.

Après avoir entendu plusieurs personnes, le tribunal a renvoyé l’audience au 10 février prochain pour la continuation des dépositions des parties civiles.

Cependant, les conseils du Colonel Bienvenu Lamah ne cachent pas leur exaspération face à la multiplication des parties civiles. Selon les avocats de l’accusé, certains témoignages contrastent avec la réalité. Ils ont notamment fustigé le fait que des plaignants déposent au nom de proches sans disposer de la qualité juridique requise ni d’une procuration formelle.

Le colonel Bienvenu Lamah étant en détention depuis quatre ans pour des accusations que ses conseils jugent infondées, Me Zézé Kalivogui a vivement déploré la stratégie des parties civiles. Il s’étonne notamment de l’apparition de nouveaux plaignants qui n’avaient pas participé au premier volet du procès.

« Ce dossier est ouvert depuis 2022. Que des individus attendent la fin du premier procès, où des condamnations ont déjà été prononcées, pour venir alourdir la présente procédure est inacceptable », a-t-il martelé.

L’avocat a fustigé des constitutions fantaisistes, citant le cas d’une partie civile qui aurait déjà été indemnisée par l’État.

« C’est une façon de s’enrichir illicitement sur le dos du contribuable. En droit, cela s’appelle une tentative d’escroquerie au jugement », a-t-il fustigé.

Me Zézé Kalivogui a également pointé du doigt l’absence de dossiers médico-légaux probants.

« La plupart des documents présentés ne correspondent pas aux déclarations faites à la barre. Il est temps d’en finir et d’entendre enfin les témoins », a-t-il sollicité.

À l’opposé, les avocats de partie civile maintiennent que leur démarche est conforme au droit.

Me Hamidou Barry a rappelé que la constitution de partie civile est recevable jusqu’aux réquisitions du ministère public.

S’appuyant sur le rapport de la commission nationale d’enquête qui estime le nombre total de victimes à plus de 1 000, tous préjudices confondus, il a souligné que seules 334 personnes s’étaient constituées lors du premier procès.

« Ne soyez pas surpris que de nouvelles victimes continuent de se présenter », a-t-il déclaré, précisant qu’il reviendra au tribunal d’apprécier la recevabilité de chaque demande.

En attendant la reprise du procès, la défense continue de plaider l’innocence du colonel Lamah, exigeant qu’il soit rapidement fixé sur son sort.

Alhassane Fofana

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