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La décision de la FSPE (Fédération Syndicale des Professionnels de l’Éducation) et du SNE (Syndicat National de l’Éducation) de déclencher une grève générale et illimitée, suite à un énième échec des négociations avec le gouvernement, secoue le secteur de l’éducation.
Déterminé à privilégier les négociations en dépit du retrait des autres structures syndicales, le président du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée), Aboubacar Soumah, s’est de nouveau entretenu avec les enseignants de la zone de Conakry ce samedi, au siège de la structure syndicale à Dixinn.
Une occasion mise à profit par le syndicaliste pour justifier le bien-fondé de sa détermination à continuer de privilégier le cadre de négociations avec le gouvernement.
Devant les enseignants, Aboubacar Soumah a déploré la démarche de ses compagnons de lutte, rappelant que la grève demeure l’ultime moyen de pression.
« La grève est la dernière arme du syndicalisme. Si tu ne connais pas ça, tu n’es pas un syndicaliste. Il faut savoir quand est-ce déclencher la grève. Ce n’est pas n’importe comment », a-t-il affirmé.
Le bouillant syndicaliste a ensuite réaffirmé son attachement au respect des principes qui régissent le fonctionnement du Syndicat, saluant la sérénité et la solidité des jeunes cadres du bureau exécutif national du SLECG.
« Nous sommes respectueux des principes qui régissent le fonctionnement du syndicat. C’est pour cela que personne ne peut nous entraîner. Personnellement, ni mon bureau exécutif, personne ne peut nous interpeller sur l’opération. Les jeunes dynamiques qui sont autour de moi dans ce bureau, arrivés depuis 2017, ont reçu beaucoup de formation à travers le combat. Nous n’avons pas eu besoin de faire venir des experts pour les former syndicalement, mais avec le combat que nous avons mené, ils ont acquis beaucoup de formation et d’expérience de 2017 jusqu’à maintenant. Donc, personne ne peut nous ébranler. C’est une équipe solide. Je suis fier de le dire, car la relève est rassurante. Aujourd’hui, ce sont des gens qui viennent d’entrer dans le syndicat, qui n’ont aucune formation syndicale, qui ne peuvent pas nous prendre par la tête et nous emmener à la grève », a-t-il fustigé.
Fort de ses années d’expérience, il a rappelé aux grévistes que la grève doit suivre une procédure normale, arguant qu’elle ne se décide pas dans la précipitation.
« La grève suit une procédure. C’est quand toutes les voies de recours sont épuisées. On a encore d’autres voies qui nous sont ouvertes. On nous a demandé d’attendre, les ministres viendront demain et le lundi pour faire la proposition. Attendez jusqu’à ce jour. C’était vendredi, samedi, dimanche, lundi. On n’a pas dit dans 10 jours, on n’a pas dit dans une semaine. Dans 3 jours. Est-ce que ça en valait la peine de déposer le vendredi un avis de grève ? (…). Si les ministres qui ont la charge de décider nous donnent une réponse favorable et satisfaisante le lundi, il n’y aura pas de grève. Mais si, toutefois, ils nous disent qu’il faut attendre, qu’on ne peut pas supporter nos revendications à cause de la phase électorale, nous allons rédiger notre avis de grève et nous allons aller en grève », a-t-il mentionné.
Il a ensuite mis en avant les acquis récents obtenus au cours des négociations avec le gouvernement. D’abord, le déblocage des salaires.
« Parmi les 11 points de revendication, beaucoup ont été satisfaits. Nous avons obtenu le déblocage des salaires de 2023 jusqu’à maintenant. La chargée des ressources humaines du MEPU-A nous a présenté la statistique de remontée de toutes les régions. Une commission va être mise en place pour examiner les dossiers pour ne pas aussi qu’on débloque quelqu’un qui n’est pas en place. Parce que le syndicat défend la vérité, la justice, les droits », a-t-il annoncé.
Ensuite, les contractuels communaux et ceux de la zone spéciale de Conakry.
« On a réussi à parler des contractuels. Pas de façon définitive, mais on a effleuré. Ils ont dit qu’ils les prennent, mais par voie de concours. Lorsque la partie syndicale a dit qu’il voulait bien accepter que ces anciens-là soient recrutés, j’ai pris la parole. J’ai dit que ce n’est pas un plaidoyer, c’est une exigence. J’ai dit que c’est une exigence : pas de concours. On va examiner ça et qu’on passe sur le statut. On a suspendu ça de ce côté-là », a-t-il révélé.
Aboubacar Soumah a par ailleurs révélé qu’il subissait la pression des deux responsables du SNE et de la FSPE, jeudi dernier à la Bourse du Travail, pour qu’il signe l’avis de grève, ce qu’il a catégoriquement refusé.
« Ils m’ont talonné pour que je signe. Je leur ai demandé comment ils pouvaient signer sans mon avis. Je n’ai pas mis mon mot dans l’avis de grève. Ils m’ont menacé, je leur ai dit que je ne signerai pas. Durant tout le temps qu’on a passé là-bas à la fonction publique, ils m’ont talonné. Je leur ai dit que je ne signerai pas. J’attends, lorsqu’on est bloqué. Nous sommes sur la table de négociation. Si vous êtes en négociation et que la discussion porte, le syndicat n’a aucun droit de déclencher la grève », a-t-il laissé entendre.
Aboubacar Soumah s’appuie sur ces acquis et la volonté affichée par la partie gouvernementale pour justifier son refus de déclencher une grève dans le secteur de l’éducation.
« On ne peut pas déclencher la grève parce qu’il y a des acquis. Syndicalement, ça ne se fait pas. C’est pour cela que nous, comme eux, ils ne nous connaissent pas, c’est des novices, c’est des beaux parleurs, nous, on respecte la procédure. C’est ce que j’ai appris dans le syndicalisme et c’est ce que je suis en train d’appliquer », a-t-il signalé.
Alhassane Fofana
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il y a 1 heur
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