2 morts dans une manifestation à Gaoual : N’Fa Sidibé accuse des bérets rouges d’avoir tué son oncle

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Mamadou Sidibé, la victime

C’est dans une atmosphère caractérisée par une vive émotion et une profonde consternation que Mamadou Sidibé, l’une des deux victimes de la manifestation du lundi dernier à Gaoual, a été inhumé dans la soirée du jeudi, 24 juin 2021. Parents, amis, connaissances du défunt ainsi que de nombreux autres citoyens, se sont mobilisés pour accompagner le jeune homme à sa dernière demeure, au cimetière de Fofana Kounda, dans la commune urbaine de Gaoual.

L’occasion a été mise à profit pour faire des témoignages sur les circonstances de la mort de Mamadou Sidibé. Des témoignages qui accablent les militaires déployés sur le terrain, en renfort aux forces de l’ordre. N’Fa Sidibé, neveu du défunt, assure avoir vu les agents frapper son oncle jusqu’à ce que celui-ci tombe sous le pont, où il a eu de graves blessures qui ont conduit à sa mort. Il l’a dit au micro de l’envoyé spécial de Guineematin.com à Gaoual.

N’Fa Sidibé, neveu du défunt

« On était ensemble, on partait chez le préfet et chez le maire pour leur demander de rouvrir les mines d’or pour qu’on puisse travailler. Lorsque nous sommes arrivés au carrefour de la douane, le maire a ordonné aux militaires de tirer pour nous disperser. Et quand nous avons pris la fuite, deux pick-up de bérets rouges nous ont poursuivis. Ils nous ont rattrapés sur le pont et se sont mis à frapper les gens avec leurs fusils. C’est là qu’ils ont cogné mon oncle Mamadou Sidibé avec un gros caillou, le blessant à la nuque.

Il s’est accroché au pont pour éviter de tomber. Mais les militaires ont utilisé leurs fusils pour taper ses mains jusqu’à ce qu’il soit obligé de lâcher et de tomber sous le pont. Il s’est heurté à une roche, où il a eu la tête grièvement blessée et les deux pieds fracturés. Il ne pouvait plus bouger. Quand je suis descendu sous le pont, j’ai trouvé sa tête dans l’eau. Et lorsque je l’ai soulevé, j’ai constaté qu’il respirait encore. C’est ainsi que j’ai appelé les autres qui sont venus m’aider à le remonter », a expliqué le jeune homme, sous le choc.

Mamadou Sidibé est décédé sur la route de Conakry, où il était en train d’être évacué avec un autre jeune venu de Kankan, qui a également succombé à ses blessures avant d’arriver à l’hôpital. Ces pertes en vie humaines et les blessés enregistrés au cours de la manifestation du lundi 21 juin, laissent Fanta Tambassa, une habitante de Gaoual, dans une grande colère. Pour elle, cela prouve que les agents des forces de défense et de sécurité déployés sur le terrain ne sont pas là pour sécuriser les citoyens.

Fanta Tambassa

« En plus de ceux qui sont morts, on a enregistré beaucoup de blessés ici. Les militaires sont venus tirer des bombes lacrymogènes et des balles réelles pour terroriser les gens. Ils ont aussi commis plusieurs exactions sur les citoyens, hommes comme femmes. Mon fils par exemple, a été tabassé par des agents qui lui ont retiré son téléphone portable. Ils ne sont pas venus pour nous protéger, mais pour nous tuer », regrette cette dame.

A noter que Mamadou Sidibé était un diplômé sans emploi. Mort à l’âge de 33 ans, il laisse derrière lui un enfant et une veuve en grossesse avancée.

De Gaoual, Amadou Lama Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 621686148

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